mercredi 8 mai 2013

Le japon des Potier - Jean Tessier

Bol claire landais 2012
 L'essentiel, c'est que l'élan de tes poteries soit beau et qu'elles rayonnent de vérité. Dans ton travail, c'est la même chose : c'est ta vérité intérieure que tu dois cultiver et non pas les constructions de ton esprit ou les influences de la mode. Là aussi, fais le vide en toi et recherche la concordance avec l'intimité de l'instant où tu vis.
Dans le plus mauvais des cas, tu obtiendras un une forme parfaite avec une réussite technique sans équivoque. Mais ta réalité profonde est en général plus hésitante, et si cette imperfection se laisse voir dans ton travail ou que quelqu'accident vienne marquer ta pièce au cours de la cuisson, ton oeuvre n'en sera que plus belle, à condition toute fois que tu aies tout fait pour réussir et que l'élément de surprise soit aussi naturel que le grain de la pierre ou la veine du bois. C'est le principe de wabi-sabi qui ne t'appartient aps et qui ne peut t'être donné que par surcroit si ne triches pas.
Cherche donc la perfection de ta nature qui te donnera une hauteur incomparable : ton oeuvre n'en sera pas moins conduite vers la faille qui est en toi et qui fait tout ton charme auprès de ceux qui t'aiment. Tu atteindras ainsi l'oeuvre vraie : celle que tu n'as pas voulue et qui sera proche de ta propre beauté. Qu'importe alors que ta coupe soit boiteuse ou que ta théière verse mal, dès lors que ton intention était de les rendre parfaites et ton émotion vraie. Il y aura toujours moyen de s'en servir quitte à leur accorder plus de soin.